articles de presse et communications

 

 

 

 

INTERVIEW AVEC LE PR MOHAMED HAMADI BEKOUCHI AUTEUR DU LIVRE : 

MIKASSER SIHAM
19 Janvier 2008

 

 Sociologue, expert en management et en communication, le Pr. Mohamed Hamadi Bekouchi est aussi un spécialiste des secrets de l’univers entrepreneurial. En sa qualité de consultant international, il conseille de grands dirigeants aux quatre coins du monde. Après son dernier succès, «La Diaspora Marocaine», son nouvel ouvrage, « La rage de gagner » il s’attaque au sujet passionnant et épineux de l’intelligence collective et de l’épanouissement de l’entreprise marocaine.
C’est le fruit de trente années d’expérience au Canada, en France, en Grande-Bretagne, aux Pays Scandinaves, au Brésil et au Maroc.

 
 

 

 

Mohamed Hamadi BEKOUCHI : De l’âge usinier aux services Immatériels et cognitifs

Depuis la nuit des temps, l'objectif premier de l'entreprise reste le profit financier et l'augmentation de son capital. A ce sujet, le business n'obéit point au jeu de la roulette russe et s’oppose à tout ce qui provient de l’altruisme désuet et des lois divines

Association d’intelligences

Depuis la nuit des temps, l'objectif premier de l'entreprise reste le profit financier et l'augmentation de son capital. A ce sujet, le business n'obéit point au jeu de la roulette russe et s’oppose à tout ce qui provient de l’altruisme désuet et des lois divines. Plus que par le passé, toute entreprise qui vise l’excellence est condamné à inventer de nouvelles philosophies du travail pragmatiques et créatives car elle vogue dans une mer agitée et trouble ! Les rivaux les plus enragés renversent les inaptes.

L'entreprise est une association des intelligences collectives : hommes et femmes [1], de jeunes et de moins jeunes engagées dans une relation organique dans le travail leur prend le meilleur de ce qu'ils ont en mieux en force physico-affective, mentale et en fraîcheur intellectuelle. Par nature, c’est un lieu où s'orchestre avec le plus de conviction la valse des éthiques raisonnant, d’ailleurs, de moins en moins par catégories socioprofessionnelles ou par clans de rentiers et encore moins par esprit de propriétaire-carriériste.

Dénationalisée et mondialisée

Il n'y a pas très longtemps encore, l'entreprise marocaine avait des pratiques managerielles qui étaient intimement liées à son environnement économique immédiat et à l'héritage social et familial de son Maître féodal et de ses Sujets intimidés. C'est l'expansion de l'économie de marché à l'échelle mondiale via sa libéralisation et la multiplication des systèmes de communication qui a tout chamboulé en imposant des produits et des services immatériels et cognitifs » [2].

Obligée, par conséquent, de se d&nationaliser et de se dénationaliser, l'entreprise marocaine [3] ne peut accéder à l'arène des Grands que par la mise en valeur de ses intelligences humaines ; concrètement, les préparer à être capable d’imaginer et d’anticiper

Et pourtant, l’entreprise marocaine est restée muette et sourde aux profondes mutations sociologiques que connait le monde du travail et les rapports socioprofessionnels. Elle vit à l'âge usinier, sous-estimant la puissance de la révolution scientifique et économique qui se déroule autour d'elle. Très généralement, du PDG à l'agent d'accueil, ils s'accrochent à leur poste et aux systèmes archaïques d'organisation et aux anciennes filières d'attribution de galons fictifs.

Les logiques évidentes de changement

Que l'on soit patron, cadre, agent d'exécution ou encore artisan ou saisonnier, ou jeune sur la voie d'intégrer le monde du travail, le parcours professionnel ne sera plus canalisé dans le même secteur d’activités ni le même métier ni dans la même localité pour la vie comme par le passé.

Si les logiques évidentes de changement deviennent une exigence de la société des sciences et des techniques. Paradoxalement, le gros du bataillon y compris des dirigeants marocains, n'a pas la fringale du savoir ni ayant assimilé les cultures de changement. Difficile, par conséquent, pour les uns comme pour les autres de se débarrasser, du jour au lendemain ; de lourds handicaps psychologiques et culturels qu’ils trimbalent, dès lors, le danger qu’affronte l’économie marocaine, n’émane pas foncièrement de la puissance des Grands pays et des multinationales, mais plutôt de la manière de réagir avec les logiques d'hier

Tristement, seule une minorité de leaders marocains a intériorisé les valeurs du changement ; du coup, ils rayent de leur tableau de bord tout ce qui peut naître de la seigneurie tribale du début du 20ème siècle et de la procrastination. Ne dormant jamais sur leurs lauriers. Ils savent que leurs collaborateurs ont besoin d’eux, à tout instant, pour les écouter, pour les conseiller, pour les motiver et parfois, pour les remettre à leur place.

Conscients que tout se construit et se défait sans délai. Plus question pour cette race de mentors de se contenter d'observer le train en marche. N’est- ce pas la légende de l'entreprise gagnante ne se déclare pas, elle se crée à travers l'innovation et la croissance ? Il y a déjà presque deux siècles que Schumpeter, le fondateur de l'économie du changement, a mentionné «qu'à l'origine du profit se trouve l'innovation» [4].

Revalorisation du smic culturel

Dans une dizaine d’années, il faut dire adieu dans à l'arpète, au mousse, au coursier, à la domestique, aux marchands ambulants, aux petits détaillants, aux gardiens de voitures, qui furent longtemps des occupations honorables, un écran social contre l'exclusion et l'anomie.

Hostile aux résistances et à l’ignorance, le principal capital de la société des sciences et des techniques provient des intelligences. Aucune nation comme entreprise qui n'en est pas persuadées ne survivront. Des milliers de nouveaux métiers et de nouveaux secteurs d’activités et de nouveaux produits [5] apparaîtront exigeant, du coup, une ressource humaine qualifiée et mobiles ; « une sorte de génération inoxydable » [6].

A cet effet, le smic culturel est revalorisé ne se limitant plus à savoir lire et écrire. La personne doit, de surcroit, être en mesure de maîtriser une ou deux langues, de posséder des connaissances substantielles en informatique et en culture générale et ayant le goût de mobilité et la prise d’initiatives. On relève fâcheusement que le Maroc parait bien loin du compte. Une certitude, si la société marocaine demeure sous l'emprise du démon des illusions perdues et fantasmagoriques, elle risque, facto, d’être renvoyée, à l'ère antique ou de fabriquer que sa propre menace et son auto flagellation... voire son suicide économique et culturel.

Promoteurs de démocratie économique et culturelle

Incontestablement, l’unique choix pour les politiques, les dirigeants d’entreprise, les syndicalistes, les intellectuels et tous ceux qui sont posés sur un quelconque trône doivent trouver de nouvelles raisons suffisamment solides et convaincantes pour inciter les générations montantes à croire et à aimer le Maroc et la vie.

En clair pour que les espérances marocaines ne soient plus que fantasmes et discours nationalitaires et se transforment en projets gagnants, tous :grands comme petits doivent être conscients et s’engagent car ils sont embarqués dans le même bateau devenir d’authentiques promoteurs d'une démocratie économique et culturelle, plus forte et plus juste, favorisant, ainsi, au Maroc dans un moyen terme ; 10 à 15 ans, l'accès à la galaxie des nations heureuses.

N'est-il pas prouvé que le leitmotiv des entreprises et des nations qui visent l'excellence a pour tiercé gagnant : travailler beaucoup, travailler toujours et travailler encore ?

 


 

[1] La mixité sexuelle est une évidence naturelle, une exigence de civilisation des temps modernes. En Europe, la proportion des femmes actives par rapport aux hommes « est de 45,5% en France, de 45,7% en Allemagne, de 46% en Grande Bretagne et de 41% en Espagne ». Invraisemblable ! Pour les 10,5 millions d'actifs au Maroc on enregistre à peine 2,5 millions de femmes : 4 hommes pour moins d'une femme. En plus, des discriminations salariales et des harcèlements moraux et sexuels, elles sont sous-représentées dans les postes de direction. En revanche, celles-ci représentent le plus gros bataillon dans les industries manufacturières et la catégorie du personnel intérimaire et domestique.

[2] GORZ A. L’immatériel, Ed Galilée, 2003

[3] EL MALKI T. Risque pays et stratégies d’investissement : le cas du Maroc, Ed Okad El Jadida.2006

[4] SHUMPETER Joseph, Les cycles des affaires; Business Cycles: a Theoretical, Historical and Statistical Analysis of the Capitalist Process. 1939

[5] En 2008, plus de 1 000 produits verront le jour, juste dans le secteur numérique

[6] CIQUEL M., La génération inoxydable, Ed Grasset, 1989.

*Pr. Mohamed Hamadi Bekouchi est aussi un spécialiste des secrets de l’univers entrepreneurial. En sa qualité de consultant international, il conseille de grands dirigeants aux quatre coins du monde. Après son dernier succès « La Diaspora Marocaine », son nouvel ouvrage, « La rage de gagner » s’attaque au sujet passionnant et épineux du développement personnel, de l’intelligence collective et de l’épanouissement de l’entreprise marocaine. Voici le fruit de trente années d’expériences au Canada, en France, en Grande Bretagne, aux Pays Scandinaves, au Brésil et en Afrique du Nord.

Tous les décideurs politiques marocains portent un grand intérêt à la participation de la diaspora marocaine aux élections législatives. Ceci étant dit, le souci principal demeure dans la manière de veiller à rendre ce souhait une réalité. Sachant que la finalité politique, plus que de faire participer le plus possible la diaspora, de surcroît ses jeunes générations, est avant tout de réinventer une stratégie politique innovante envers cette population qui soit fondée sur une logique de partenariat interactive et durable.

· Droit élémentaire
Constitutionnellement, la participation politique de la diaspora aux élections nationales marocaines est un droit élémentaire, mais également un devoir que chaque citoyen doit accomplir. A ce sujet, la participation aux élections législatives de 2007 de la diaspora comme citoyen électeur doit être une des nouvelles composantes progressistes défendant une démocratie juste et en faveur de tous.

Tout naturellement, une participation politique de cet ordre confirme, d’un côté, le fort sentiment d’appartenance et le poids de la relation organique de la diaspora avec son pays d’origine; de l’autre coté, elle va prouver que l’Etat veut que ces populations s’impliquent de manière concrète dans la gestion des affaires publiques. Une manière franche de les inciter davantage à aller de l’avant à la quête de nouveaux lobbyings politiques et économiques en faveur de leur nation.
Toutefois, d’emblée il faut signaler que la participation de la diaspora aux élections législatives marocaines ne doit nullement être un obstacle juridique(1) ni un frein psychologique vis-à-vis de ses choix et son engagement politique dans sa (1re ou 2e) patrie; ni encore empiéter sur le développement de sa personnalité collective aussi bien au niveau sociologique que culturel. Ce sont l’affirmation de sa transnationalité et son goût permanent du multi-résidentiel qui la rend, tantôt opportuniste dans ses choix, tantôt mutante dans son indécision. Néanmoins, pour longtemps encore ici comme là-bas, elle se sent demi-citoyenne certes, peu intégrée et fortement vulnérable

· Renouveau et intelligence politiques
Par expériences d’autres pays d’émigration récente(2) ayant échoué dans leur programme d’intégration politique des ressortissants, je préconise en premier lieu que les Marocains de l’étranger participent aux élections législatives comme des électeurs et repoussent, pour plus tard, leur droit d’éligibilité. Soyons honnêtes, s’il y a des tares ou des défaillances institutionnelles, elles ne viennent pas du dehors, de la diaspora. C’est une affaire strictement interne se rattachant au déficit chronique et à la mauvaise gestion des mécanismes de fonctionnement des institutions administrativo-juridiques et politiques marocaines.

A cet effet, jamais l’Etat marocain n’a su mettre en œuvre une stratégie politique efficace en faveur de la participation de ses ressortissants aux élections nationales. Et pour cause, il n’a jamais su, non plus, les écouter ni les intéresser à s’impliquer en tant que citoyens électeurs, à dimension transnationale, pouvant apporter du renouveau et de l’intelligence en matière de discours et de pratiques politiques.

Conséquences directes d’opacité politique ou détachement volontaire? Ce qui est sûr, l’Etat marocain navigue depuis des décennies sans boussole ni outils d’investigation et de sondage pour mesurer l’opinion et les aspirations politiques de sa diaspora. Ce n’est pas un hasard si tous les systèmes conçus dans le passé pour la faire participer à la vie politique marocaine se sont soldés par des échecs.
Une fois que ce premier chantier sera achevé dans la clarté et sans grabuges, l’Etat pourra prétendre à tracer une stratégie impliquant les forces vives(3) de la diaspora dans la gestion des affaires politiques marocaines, en un mot: leur permettre d’être éligibles.

Allons donc pas à pas et créons d’abord les conditions nécessaires de réussite. En premier lieu, le Conseil supérieur qui doit être un modèle de représentativité de tous les groupes de croissance (jeunes générations, cadres, intellectuels, chefs d’entreprises, sportifs professionnels, artistes) de la diaspora et qui doit également prendre en considération, dans cette composition, les grandes poches à forte migration d’origine marocaine. Il va de soi qu’une bonne définition(4) de son rôle, des critères de choix concernant la nomination et la mission des représentants qui y siègeront seront des atouts indispensables pour son «admission». Autrement dit, ce sont les qualités morales et les compétences des membres du Conseil qui confirmeront sa reconnaissance et sa crédibilité auprès de la diaspora et des institutions internationales. Logiquement, les pouvoirs publics auraient inventé le leitmotiv pour aller de l’avant dans l’intégration politique de la diaspora.

Dès lors, la confiance dans l’Etat marocain devient un acte naturel et de civilité. Ainsi, sans gêne ni remords, la diaspora se sentira impliquée en partenaire majeur à revaloriser l’image du Maroc, par-dessus le marché, développeur de nouvelles cultures politiques et économiques.

Des principes et des règles claires
Attention, on n’est plus au stade des tentatives hâtives et des actes hasardeux. Toute intégration de la diaspora dans le champ politique marocain doit être basée sur des principes et des règles claires et précises, sinon, il y’a risque de provoquer des effets pervers. La distance est considérable, à coup sûr, elle se transformera tôt ou tard en catastrophes.

C’est pourquoi avant la mise en œuvre des dispositifs relatifs à la participation de la diaspora à la vie politique marocaine, il serait urgent que les pouvoirs publics tiennent compte des expériences du passé et profitent des modèles réussis par d’autres nations(5). En parallèle, ils doivent lancer un grand chantier de sensibilisation, d’information et de communication en sa direction. Chantier qui permettrait aux décideurs, à terme, d’avoir une vision suffisamment lucide et objective de la personnalité complexe et bien distincte de la diaspora et, plus particulièrement, de son engagement et de sa philosophie pragmatique de la démocratie au Maroc.

Pour réussir ce chantier comme ceux qui, en toute évidence, suivront, il n’y a pas de mystère: la diaspora doit être partie prenante de A à Z dans sa conception et dans sa réalisation. A cet égard, l’Etat doit changer de comportement dans sa manière de la considérer politiquement et de lui faire appel pour toute autre forme d’investissement. Et plus globalement, il doit revoir sa feuille de route en ce qui concerne le traitement des questions qui se rattachent aux migrations internationales marocaines dans un monde perpétuellement en mouvement et en pleine mutation.


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Résident dans au moins quatre pays (Maroc, France, Suède et Canada) où il enseigne, titulaire d’une série de doctorats d’Etat, Mohamed Hamadi Bekouchi se présente comme «concepteur médiatique», qui est le titre de son dernier doctorat, celui qu’il a obtenu à Paris XIII dans la discipline Sciences de l’Homme, avec mention très bien (comme les autres!). Cet intellectuel hors gabarit se prépare à publier son cinquième livre, «La rage de gagner ou comment créer du bonheur et de la richesse dans votre entreprise». Un de ses ouvrages a eu un très fort retentissement en France, «Du bled à la ZUP» (L’Harmattan): il annonçait en 1984 les failles de l’intégration et prédisait des explosions dans les banlieues françaises, ce qui a valu à l’ouvrage d’avoir une deuxième heure de gloire, cette année. Dans les différentes disciplines qu’il pratique et enseigne, le Pr. Bekouchi défend la thèse de la prééminence de la culture.
Parallèlement, il assure des interventions de consultant dans diverses entreprises et a été administrateur du Fonds français d’action sociale (FAS, un organisme public doté d’un budget de 1,3 milliard d’euros)


(1) L’Allemagne, la Norvège et le Danemark, entre autres, refusent que les immigrés effectuent des élections «étrangères» sur leur territoire.
(2) Turquie, Mexique, Egypte, Algérie
(3) Plus de 250.000 membres issus de la diaspora marocaine ont au moins le niveau Bac + 4. Organisation internationale du travail. 2006
(4) Il faut éviter de refaire les mêmes erreurs que connaissent les Conseils de la Fondation Hassan II des MRE et de Bank Amal. Conseils, dont les membres sont nommés «à vie» et qui n’ont aucune influence sur les orientations de ces institutions en faveur des MRE
(5) France, Grèce, Italie, Suisse.


Mohamed Hamadi BEKOUCHI
Source : L'Economiste

Concernant la nomination aux postes de

commis de l’Etat (ONCF, RAM, OCP, ONEP,
ONE...), les trois prétendants finalistes
doivent passer des auditions publiques
devant une commission (jury) composée
de parlementaires, de personnalités
qualifiées et de décideurs économiques et
sociaux.

6. Lancement d’une campagne
médiatique permanente de mise en garde
contre la corruption en partant de situations
vécues… en premier lieu par les décideurs
politiques, économiques et commis d’Etat.
7. Des sanctions lourdes, depuis les
pénalités financières jusqu’au suivi
judiciaire, doivent être prises contre les
corrompus et les corrupteurs.
8. Un Commissariat royal anti-corruption
doit être créé.

Enseignement
Ecoles de proximité


19. Fusion des universités en cinq grands
pôles Recherche - Développement -
Innovation.
20. Déconcentration des facultés et des
grandes écoles
21. Mettre l’accent sur le développement
personnel, la formation aux métiers prisés
et émergents et à la culture générale.
22. La direction doit être assurée par
un binôme : un manager chargé de
l’organisation et des P.R. et un scientifique
en charge de l’aspect pédagogique et de la
recherche & développement.
23. Des moyens consistants doivent être
dégagés pour des programmes pluriannuels
de recherche et d’innovation.

Champ religieux
Des mosquées plus
intelligentes


32. Création de « mosquées
intelligentes », des espaces de prière,
de savoir et du commerce avec ateliers
d’écriture et de lecture, services de
traduction, mini-bibliothèques,
kiosques, ateliers d’artisanat en rapport
avec la vie de la mosquée (babouches,
djellabas, reliure, écrivain public),
café, restaurant. Par cette stratégie, la
mosquée sera autogérée et l’Etat réduira
ses subventions, lesquelles pourront
être investies dans l’alphabétisation
et la formation des gens aux métiers :
écrivains publics, conteurs…

Santé
Médecins managers


33. Les hôpitaux doivent être dirigés par
des managers et non par des médecins.
34. Les cliniques doivent comporter
au minimum 5 médecins spécialisés
permanents ayant plus de cinq ans
d’expérience et trois fois plus d’infirmiers
permanents qu’actuellement, pour se
voir attribuer l’agrément.

Emploi
Plus de plombiers


35. Le travail manuel doit être
revalorisé, par exemple à travers des
spots publicitaires soulignant qu’il y a
un déficit chronique dans ce secteur
d’activités qui exige des travailleurs et des
travailleuses qualifiés portant des tenues
professionnelles et travaillant dans des
chantiers modernes en toute sécurité.

Politique
Retraite anticipée pour les
dinosaures

38. L’âge maximum pour un président ou
une présidente de parti politique doit être
fixé à 60 ans.
39. Les membres du bureau politique d’un
parti doivent effectuer trois mandats au
maximum.
40. Dès 2008, les instances dirigeantes des
partis politiques doivent inclure au moins
30% de femmes et 25% de jeunes de moins
de 30 ans.
41. Institution des normes juridiques,
sociologiques et statistiques pour
éliminer les partis insignifiants (- de 5
parlementaires, par exemple).

Accidents de la route
Permis psycho-médical pour
chauffeurs fous

44. La circulation doit être interdite de façon
permanente dans les quartiers commerciaux
très fréquentés, durant les heures de grandes
affluences.
45. Des « villes pilotes » doivent être choisies
afin d’être le terrain d’expérimentations
innovantes dans le domaine de la
prévention routière et dans la lutte contre les
drames de la route.
46. Une campagne de prévention « hard »
doit être lancée sur les méfaits de l’alcool au
volant.
47. Les journées de travail quotidiennes des
chauffeurs de taxis, de bus de villes et intervilles,
ainsi que des chauffeurs-routiers ne
doivent pas excéder huit heures, compteurs

de contrôle à l’appui.
48. Les chauffeurs doivent être titulaires
d’un permis psycho-médical et faire l’objet
d’un contrôle annuel.
Mohamed Hamadi BEKOUCHI
Source : L'Economiste



 

La Gazette du Maroc : Dans un Maroc en plein chantier, et qui est face à des bouleversements et défis économiques mondiaux, on peut dire que votre livre tombe à pic ?
Pr. Mohamed Bekouchi : C’est le but (rire), l’économie du marché impose à toute entreprise ou nation qui misent sur l’excellence de se renouveler et de générer de nouvelles forces, de nouvelles idées et de nouvelles pratiques.
Actuellement, l’entreprise a pris une dimension internationale. Les frontières physiques sont remplacées par d’autres virtuelles où les laissés-pour-compte sont nombreux et voués à disparaitre.

Les-laissés-pour-compte ? À vous entendre, il va falloir inventer un nouveau type de visa !
Dans mon livre, je ne parle pas de visa mais de SMIC culturel. Il n’est plus question, pour pouvoir être concurrentiel et survivre économiquement, de savoir lire et écrire, il faut maîtriser un métier, avoir une formation qualifiante et un niveau minimum de culture générale, connaitre au moins deux langues, être initié aux nouvelles technologies de l’information et être capable de s’adapter à un monde en constant changement. Actuellement, 3 marocains sur 5 sont exclus de cette équation.

Dans une société inondée de produits à 10 DH made in china, y-a-t-il des alternatives à un défaitisme et un étouffement économique annoncés ?
Deux choix intrinsèques s’imposent à la société marocaine : Un premier tiercé perdant composé de la corruption, l’incivilité et l’analphabétisation, qui, malheureusement, rongent le quotidien du citoyen Marocain,
ou de miser sur un tiercé gagnant, celui-ci allie Travail, Richesse et Bonheur capable d’amener le Maroc dans la galaxie des nations heureuses.
Ce deuxième choix exige de tous ceux qui sont aux postes de commandes, de faire montre de plus d’engagement et de prise de risque et d’aimer «le Produit Maroc» et d’en être fier.

Qui peuvent être les bénéficiaires de «la rage de gagner» ?
Cadres, chefs d’entreprises, étudiants et même dirigeants politiques, sont à la recherche d’outils managériaux qui prennent en compte la «différence» marocaine, mais sont constamment confrontés à l’absence de ce type d’ouvrage dans nos librairies et bibliothèques universitaires.
A ce titre, il est regrettable que les leaders Marocains (dirigeants de grands groupes industriels et décideurs politiques), par pudeur ou par négligence, ne fassent pas partager leurs succès stories.
C’est pour cela que j’ai voulu un livre qui s’adresse à tous, d’où un souci de vulgarisation et de pragmatisme. Je l’ai imaginé comme un carnet de route vivant et modulable pour toutes les catégories socio professionnelles. En d’autres mots, il concerne tout aussi bien les petites et moyennes entreprises que les grands groupes, les municipalités, les partis politiques et les syndicats.

Tout le monde rêve de devenir son propre chef mais ne serait-ce pas un peu un fantasme ?
Concevoir un projet d’entreprise, au-delà de l’effet de mimétisme de la téléboutique ou du café entre deux cafés, est un processus excitant mais aussi complexe et douloureux. Avoir l’idée, savoir l’exploiter au bon moment, comprendre les rouages et la psychologie d’une administration rigide et trouver l’accompagnement financier et informationnel. Nous sommes loin du fantasme, l’entrepreneur doit d’une part avoir la tête dans les étoiles pour avoir cette aptitude d’anticipation et de création et être solidement ancré dans la réalité et être à l’affut.
Ce n’est pas un hasard s’il n’y a que 2% des jeunes marocains qui sont, à priori, attirés par l’entreprenariat. Quand on sait que plus de 95% du tissu économique marocain est constitué de Petites et Moyennes Entreprises, on peut se poser des questions sur le renouvellement et la vitalité du secteur.

J’ai envie de dire mais que fait la police ? Je veux dire, que fait-on pour aider les entrepreneurs à créer et à s’épanouir dans l’entreprise ? Existe-t-il des structures d’accompagnement pour donner plus de chance aux projets d’aboutir à l’instar de l’émission challengers ?
Au-delà de la caricature médiatique, il existe en théorie, un certain nombre de structures d’accompagnement pour la création d’entreprise (CJD, CRI, ANAPEC, différentes fondations…). En pratique, il n’existe aucun espace réservé à la création ou l’épanouissement de projet d’entreprise, y compris au niveau de l’université (Facultés, Grandes écoles, Ecoles de commerce). Le jeune entrepreneur se retrouve livré à lui-même dans un monde où personne ne semble comprendre sa langue, certains banquiers semblent être étonnés par la réussite de projets ingénieux portés par des jeunes entrepreneurs avec peu de moyens.
Il est important de penser et de créer des structures ad hoc d’incubation de projet, d’écoute et d’accompagnement concrets qui soient souples et de proximité.
Il faut passer à la vitesse supérieure en créant une banque de projets innovants et en facilitant les rencontres par le biais de réseaux, que ce soit au niveau local ou via la diaspora (250 000 marocains à l’étranger recensés par le Bureau International du Travail interviennent au niveau de grandes multinationales, de centre de recherche, d’universités, de municipalités…)

Finalement, quels sont les dix commandements pour réussir son entreprise ?
Sans être donneur de leçons, l’entreprise est, avant tout, une affaire d’hommes et de femmes d’intelligence collective. Il est indispensable que patrons et collaborateurs travaillent main dans la main et partagent les mêmes objectifs, la même philosophie, la même éthique et les mêmes valeurs pour le bien personnel et celui de l’entreprise, en visant toujours haut et loin. Seconds facteurs qui me paraissent tout aussi importants, il faut avoir une motivation profonde et des convictions ainsi qu’un fort sentiment d’appartenance à un groupe et avoir le désir d’être et de travailler ensemble.
Vient ensuite la formation tout au long du cursus professionnel, la prise de risque, la capacité d’adaptation au changement, la recherche et le développement, l’anticipation et assimilation des nouvelles règles du jeu.
Tout ceci ne saurait être possible, sans l’exigence de travailler beaucoup, travailler encore et travailler toujours.
En fin de compte, une fois patron et collaborateurs motivés, formés et épanouis, ils pourront dégager des forces inestimables et aller au bout du monde.

 

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